La crèche provençale est un décor qui représente la naissance du Christ avec des figurines d’argile que l’on appelle des santons (santoun : petit saint). Ces personnages portent les costumes traditionnels du 19ème siècle. On l’installe généralement au pied du sapin.

Autour de l’étable sont disposés des collines, des restanques (terrasses), des moulins à vent, des ponts de pierre. L’enfant Jésus allongé sur la paille, est entouré par Marie, Joseph, le bœuf et l’âne. Les personnages principaux du village y sont également représentés : le berger (Lou Pastre), portant sur ses épaules un agneau et suivi de ses moutons, le ravi (Lou Ravi) qui regarde Jésus, extasié, bras levés au ciel, le meunier et son âne chargé de sacs de farine, puis tout le petit peuple des campagnes, guidé par l’étoile. Egalement très importants, l’aveugle guidé par son fils, symbole de la famille et du devoir accompli ; le Bohémien (lou Boumian) qui représente l’étranger venu de loin.

A l’Epiphanie, le 6 janvier, les Rois Mages arrivent enfin, les derniers. Richement vêtus, Gaspard, Melchior et Balthazar viennent offrir les richesses de l’Orient : l’or, l’encens et la myrrhe. On ne peut trouver dans la crèche ni maire ni curé. Traditionnellement, les santons sont de petite taille. Cependant, certaines crèches d’église ou des temps anciens pouvaient faire exception. Ainsi, dans le petit village varois de Solliès-Ville, était installée autrefois une crèche dont les personnages de bois grandeur nature portaient des vêtements d’époque. Une famille assurait à l’année l’entretien d’un santon et de son trousseau.

Dans ce vieux pays où l’Etre domine l’Avoir et le Paraître, la bonhomme simplicité a trouvé sa grandeur, c’est l’arcane de la crèche. La chandelle y brille jusqu’à la chandeleur. Ce jour-là les petits santons s’en vont l’un après l’autre dans leur petite boîte avec l’étoile et les guirlandes, les maisons, les ponts, les moulins, la rivière…